Diaporama de Pablo Neruda.
Traitement des images, restauration, Guy Desmurs

Citation de Pablo Neruda

mercredi 31 décembre 2008

PABLO NERUDA ET LA RÉVOLUTION CUBAINE

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PARADE CÉLÉBRANT LA VICTOIRE DES REBELLES DE FIDEL CASTRO.
Il fut très impressionné par la nouveauté du discours politique du jeune leader cubain, au point de consigner dans ses mémoires : «J'étais l'une de ces deux cent mille personnes qui écoutaient debout et sans broncher ce long discours. Pour moi, comme pour beaucoup, les discours de Fidel ont été une révélation. En l'entendant parler devant cette foule, je compris qu'une époque nouvelle avait commencé pour l'Amérique latine. La nouveauté de son langage me plut. Les meilleurs dirigeants ouvriers et politiques utilisent d'ordinaire des formules dont le contenu peut être valable mais dont les mots sont usés et affaiblis à force d'être répétés. Ces formules, Fidel les ignorait. Ses phrases étaient naturelles et didactiques. Et lui-même semblait tirer au fur et à mesure la leçon de ce qu'il disait.» dans J'avoue que j'ai vécu, Gallimard, 1975.

À ce moment-là, Neruda était l'un des intellectuels latino-américains les plus remarqués, un dirigeant communiste mondialement connu. La première rencontre se produit à l'Université de Caracas, le 23 janvier 1959. Dans cette première rencontre publique, Neruda a manifesté son admiration pour le leader cubain. Avant de procéder à la lecture de son poème Un chant pour Bolivar, il a affirmé en guise d’introduction :


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PABLO NERUDA EN VISITE A CUBA AVEC LE POETE NICOLAS GUILLEN -
PHOTO ARCHIVE EFE
«À cette heure douloureuse et victorieuse que vivent les peuples d'Amérique, mon poème avec un changement de lieu, peut être entendu comme s'il se dirigeait à Fidel Castro parce que dans les luttes pour la liberté, chaque fois surgit le destin d'un homme pour donner confiance à l'esprit de grandeur dans l'histoire de nos peuples.»


Quand Neruda conclut, il se dirige vers la table présidentielle. Alors qu'il salue Fidel, il s'exclame: «Si un jour s'écrit l'histoire de ce poète, je veux que l'on dise qu'il a un jour vu, parlé et serré la main du libérateur de Cuba.»


On voit Fidel ému. Ces démonstrations d'affection envers le peuple cubain à travers sa personne sont sincères. Dans Granma Internacional. Édition en français

Plus tard, Fidel invite Neruda à l'ambassade de Cuba à Caracas, où ils ont une conversation privée que Neruda rapporte également dans ses mémoires. Il n'y a jamais eu de compte-rendu officiel de cet entretien. Certains nerudistes soutiennent que les Cubains ne voulaient pas donner d'arguments aux Nord-américains qui auraient immédiatement associé la révolution cubaine naissante au champ communiste auquel Neruda appartenait.

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PABLO NERUDA SIGNE UN LIVRE D'OR A LA HAVANE EN JANVIER 1961
L'admiration de Neruda pour la Révolution cubaine a été intense et a duré jusqu'à sa mort. Cela l'a amené à dédier un livre de poèmes à la Révolution cubaine, Chanson de Geste, édité à La Havane en 1960.


Neruda a eu une longue et étroite amitié avec Cuba. Elle a commencé avec les internationalistes cubains dans la guerre d'Espagne, en particulier avec Juan Marinello et Blas Roca. Plus tard, cette amitié s'est développée avec le séjour de Neruda au Mexique, où il a fréquenté Julio Antonio Mella, Tina Modotti et d'autres dirigeants et militants du Parti communiste cubain (PCC).


En 1944, le PCC a donné naissance au Parti socialiste populaire (PSP), longtemps dirigé par Blas Roca qui fut son Secrétaire général de 1934 à 1962. Dans la décennie des 40, le PSP soutient Fulgencio Batista, qui est élu Président pour la période 1940-1944. Juan Marinello et Carlos Rafael Rodríguez sont nommés ministres de ce premier gouvernement.


En 1942, Marinello invite Neruda à visiter Cuba. C'est à cette occasion que le poète rencontre le Président Fulgencio Batista. En novembre 1944, Batista fait un voyage au Chili. Une réception est organisée à l'Université du Chili, où Pablo Neruda lit un message de bienvenue.

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PABLO NERUDA ENTOURÉ D'UN GROUPE D’ECRIVAINS, PARMI EUX
RAFAEL ALBERTI 
SA FEMME MARIA TERESA LEÓN ET LE POETE CUBAIN NICOLAS 
GUILLEN LORS DE L'ACCUEIL DE PABLO NERUDA À BUENOS AIRES EN 1949  


En 1952, Batista se présente à nouveau aux élections. Celles-ci s’annoncent défavorables, Batista choisit donc de faire un coup d'État. En 1953, le dictateur Batista déclare hors la loi le PSP qui passe à la clandestinité. Batista mène une politique répressive et sanglante. Cette deuxième période fut marquée par la violence, la corruption et l'illégalité. L'arrivée des barbus, conduits par Fidel Castro, met fin à la dictature le premier janvier 1959.


La relation de Neruda avec les Cubains n'a pas été libre de mésententes, l'un d'eux a été la lettre rédigée et divulguée par de nombreux intellectuels cubains contre Neruda. La raison principale invoquée fut une visite que Neruda effectua aux États-Unis à l'occasion d'une réunion du PEN Club nord-américain, en 1966.


L'avanie des écrivains cubains à Neruda, n'avait pas de caractère personnel ni littéraire. Neruda a eu le rôle de bouc émissaire dans le conflit que la direction de la Révolution cubaine a eu avec le Parti communiste chilien. Alors que ce dernier préconisait la voie pacifique au socialisme, Cuba défendait une révolution armée.


Ladite lettre a été une expérience amère pour Neruda qui n'a jamais pardonné aux signataires. Elle a d’ailleurs provoqué une aigre réponse de sa part. Par la suite, il n’a plus accepté d'invitation ni du gouvernement ni du Parti communiste cubain.


Dans l'édition uruguayenne de Canción de Gesta (Chanson de Geste) de 1968, Neruda a ajouté un prologue où il donne sa version du conflit et fixe sa position.


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